mar 22 avr 2008
Netbrain, les batailles des Nations Savantes*
22 04 2008Vingt cinq ans après « L’entreprise virtuelle », le livre qui l’a fait connaître, voici « Netbrain », le nouveau « Ettighoffer ».
Il est de la même veine : dense, riche, foisonnant, fourmillant d’exemples, décapant. L’auteur s’y livre une nouvelle fois à son sport préféré : traquer inlassablement les impacts des nouvelles technologies de l’information et de la communication sur l’économie, sur les entreprises, sur la société, sur notre quotidien. Avec, cette fois-ci, en vedette, la « Toile » tissée par Internet qui change en profondeur la face du monde. « Ce livre vous dit ce qui se passe dans un monde maintenant promis au numérique et que vous pourrez utiliser à votre profit. », promet-il dans l’introduction. Il a l’ambition de « vous faire comprendre ce qui se transforme dans l’environnement des entreprises, du monde du travail et des affaires ». Le livre est, tout comme son auteur, difficile à classer. C’est un ouvrage de prospective mais qui nous parle de notre avenir à partir de faits d’aujourd’hui. Tout ce qu’il évoque existe quelque part. Et c’est ce qui en fait la force. Il fait penser à Russell Ackoff, célèbre professeur de management de la Wharton School de l’Université américaine de Pennsylvanie, qui pour bâtir un vision du futur ou une nouvelle organisation, recommandait de toujours raisonner « à technologie disponible », en passant par ce qu’il appelait le « present perfect ». La méthode de Denis Ettighoffer est toujours la même : il rassemble une multitude de faits, de références, d’exemples, leur donne du sens, et décode à notre intention les nouvelles règles du jeu. Et l’ensemble trace une perspective incontournable pour qui veut préparer le monde qui vient et se préparer à y vivre. Qu’il soit dirigeant politique, fonctionnaire, patron ou cadre d’entreprise, ou « simple » citoyen ou employé. Le livre est volumineux (mais il se laisse très bien « picorer » par petits bouts…) et pourtant il nous laisse sur notre faim quand il évoque, au tout dernier paragraphe, mais sans développer son propos, la nécessité d’ « apprendre à tirer le meilleur parti du « télé » mais sans pour autant perdre de vue le « proxi », de prendre garde de ne pas nous couper du lien social ancestral, de ne pas laisser le voisin devenir un inconnu sous prétexte que nous nous éclatons avec un internaute du bout du monde ». Un thème tout trouvé pour le prochain ?
Jacques Jochem ; ancien vice-président de Bossard Consultants, aujourd’hui consultant indépendant et enseignant à l’ESSEC,