mar 9 sep 2008
Des droits, mes droits!?
09 09 2008Denis,Ton livre est très fouillé et fourmille de diagnostics et d'idées tirées du bon sens, très agréable à lire et on va de découverte en découverte; merci pour cela. Je souscris à la plupart de tes analyses et ai beaucoup aimé tes pages sur la réalité virtuelle, ou encore sur l'innovation partagée, le copyleft etc. Je suis en revanche légèrement critique sur ton point de vue relatif aux ayants droits du cinéma.
Ton style quelque peu direct et sans détour cache parfois le fait que les studios aient une connaissance approfondie des problèmes de la numérisation: ils ont largement tiré les leçons de l'affaire de la musique en prenant de nombreuses initiatives dans le monde de l'image. La réalité est qu'aucun des nouveaux modèles économiques testés jusqu'à maintenant n'a fait ses preuves, sinon il y a longtemps que les studios auraient sauté dedans avec délectation. Certains essais se sont révélés décevants. D'autre part les modèles du VOD par abonnement prônés par les opérateurs Internet ou les anciens opérateurs télé, ou du téléchargement gratuit financé par la publicité, n'ont pas montré de réel avantage par rapport au DVD qui marche toujours très bien. Ne voulant pas quitter la proie pour l'ombre, les studios se contentent d'observer les modèles mis en œuvre par de nombreux acteurs importants, tels Apple, Google, Amazon, mais aussi tout une nébuleuse de startups trop contentes de chercher la bénédiction d'Hollywood, ce que ces derniers savent parfaitement exploiter à leur profit, tels Raminagrobis... Tout en se préparant silencieusement en révolutionnant leurs infrastructures techniques qu'ils numérisent totalement et à grande vitesse. Il leur suffira d'appuyer sur le bouton lorsque le moment sera venu de siffler la fin de la récré. Comme la différence entre contenu de l'image et logiciel devient de plus en plus ténue (ex les jeux vidéos ou encore la production 3D avec la fusion Disney/ Pixar), je pense aussi que leur concurrence se diversifie énormément et englobe les Microsoft, Apple, Matsushita, Google et France Télécoms du monde entier, ce qu'ils ont parfaitement intégré et se préparent à affronter de bon pied. Cela peut aussi vouloir dire que la différence entre propriété intellectuelle créative de l'image et PI de technologie s'atténue dans le temps, cependant sans que les outils juridiques mis à disposition pour les traiter soient pour autant unifiés aujourd'hui...Je serais heureux de débattre avec toi sur ces thèmes fort intéressants au demeurant. Pierre Ollivier