Etudes


ETUDE DOCUMENTAIRE SUR LES GRAPPES D'ENTREPRISES OU META-ORGANISATIONS

par Gérard Blanc, Eurotechnopolis Institut

 

Le premier résultat des recherches bibliographiques conduites par Gérard Blanc à la demande de L'Observatoire International des Méta-Organisations montre que l'on n'a pas encore beaucoup travaillé sur ce sujet pris dans son ensemble, ou du moins pas encore rendus publics des « résultats chiffrés de recherches sur la création de valeur par les entreprises en fonctionnement sous forme de "méta-organisations" ». Bien qu'ici ou là on trouve des auteurs qui commencent à traiter du sujet ou des recherches en cours de développement, on voit à l'occasion des recherches bibliographiques une véritable lacune sur ce sujet.

Notons au passage que les français sont plutôt absents des études et des recherches sur les entreprises virtuelles (mais cela nous le savions déjà). Mais surtout nous concluons cette recherche bibliographique mondiale avec le sentiment d'une part que les entreprises installées sur le marché du "groupware" auraient tout intérêt à s'intéresser plus aux écoles et universités qui sont en train de se spécialiser sur ce sujet et, d'autre part, que les sociétés de conseil devraient faire de même car elles y trouveront matière à développement par la mise à jour des grandes méthodes d'approches des organisations modernes.

Les mots clés utilisés : pour faire des recherches sur Internet, à la fois pour des sites avec l'aide du méta-moteur et pour des livres sur Amazon (USA et France), le sujet a été décomposé en 5 sous-sujets : méta-organisation et entreprise virtuelle, alliances et relations interentreprises, ingénierie simultanée, ingénierie simultanée et gestion de la chaîne logistique. Plus précisément, les mots clés suivants ont été associés à chacune de ces rubriques :

méta-organisation et entreprise virtuelle
co-entreprise entreprise virtuelle
meta-organisation
méta-organisation virtual enterprise
alliances et relations interentreprises
alliance business integrator
cooperation platform cooperative
alliance interworking organisation partnership
ingénierie simultanée
concurrent engineering
concurrent enterprise
concurrent product development
ingénierie simultanée
gestion de la relation client
CRM customer relationship
relation client
gestion de la chaîne logistique
gestion de la chaîne logistique
supply chain
supply chain integration
supply chain partners


1. Les activités de recherche et les publications
sur des sujets liés aux méta-organisations

Le concept de méta-organisation ou méta-entreprise, tel qu'il est développé dans l'ouvrage « Mét@-Organisations » met l'accent sur des questions d'organisation et de relations humaines qui sont souvent laissées en filigrane dans la plupart des recherches menées dans les universités ou les entreprises. Peu d'études abordent le sujet de la création de valeur dans les méta-organisations, même celles qui se consacrent à l'analyse structurelle de la formation d'entreprises en réseau ou en grappes, comme en Italie. Certains livres fournissent quelques éléments, comme par exemple, l'analyse de la valeur d'une solution e-business. Nombre d'auteurs de livres ou de rapports travaillent dans des entreprises liées à la net-économie, comme des SSII ou des sociétés financières sur Internet (fonds d'investissements ou de capital-risque), ce qui fait que leurs propos sont biaisés.

1.1 Dans la ligne du CSCW

Il existe un thème de recherche, en vogue depuis le début des années 1990, qui s'apparente à certains aspects de l'étude des méta-organisations sous l'angle des relations humaines, et à un moindre degré économiques : le CSCW (Computer Supported Collaborative Work, travail coopératif assisté par ordinateur). Ce courant de recherche fait appel à des disciplines aussi diverses que la sociologie, la psychosociologie, la linguistique, la psychologie et l'ergonomie cognitive, la gestion, les systèmes d'information, l'intelligence artificielle (ingénierie des connaissances et intelligence artificielle distribuée), le génie logiciel ou l'aide à la décision, mais ce sont surtout ses applications informatiques - matériel, réseaux et logiciels associés - qui ont été privilégiées. En particulier le "collaborative computing", art de faire travailler ensemble des dizaines, voire des centaines d'ordinateurs sur le même calcul en décomposant celui-ci, a fait l'objet de nombreux travaux et applications, illustrés par exemple sur Internet par le projet SETI d'analyse de signaux extra-terrestres ou le décodage de messages cryptés avec une clé de 56 bits.

Il n'existe pas encore de principes et de méthodes permettant de gérer rationnellement le travail coopératif, ce qui crée une situation où les anciennes règles d'organisations cohabitent de plus en plus difficilement avec des pratiques de travail moderne avec lesquelles elles sont en décalage croissant. Mettre en évidence la nécessité d'une approche particulière des questions organisationnelles interentreprises centrée sur le comportement des acteurs est récente. Elle n'est abordée en France que partiellement par certains laboratoires d'informatique, de productique et de linguistique. Trois centres de recherche français semblent avoir une approche particulièrement sensibles à la place des interactions entre les acteurs : le Laboratoire de Génie Informatique de Savoie (LGIS), l'Université de Technologie de Troyes (Laboratoire Tech-CICO) et le LORIA. Toutes les activités de recherche du LGIS sont regroupées autour d'une approche de l'Ingénierie Simultanée qui met l'accent sur la modélisation des acteurs participant à l'élaboration d'un produit et sur la modélisation des informations nécessaires à cette élaboration, deux modélisations indissociables.

À l'Université de Technologie de Troyes, les recherches en philosophie de la technique de Dominique Bourg, qui y travaille, permettent notamment un éclairage philosophique critique et une mise en perspective anthropologique et historique des mutations technico-organisationnelles étudiées. Au LORIA, trois points complémentaires font l'objet d'une étude spécifique dans le cadre du projet de recherche sur les "Environnements pour la coopération" :

  • l'identification de concepts et de mécanismes permettant de structurer l'espace de coopération et de communication d'un grand groupe,
  • la réalisation de mécanismes pour la conscience de groupe adaptés au contexte de la grande échelle,
  • La modélisation fine de tâches particulières à forte composante de communication, telles que la négociation, la prise de décisions et l'aide à la résolution de conflits.

1.2 Les grands domaines d'applications

Les travaux de recherche réalisés dans les entreprises, en particulier les SSII et les cabinets de conseil, se sont concentrés sur les aspects de l'activité des méta-organisations qui pouvaient le plus facilement conduire à des prestations rémunérées et standardisées. Ainsi ont commencé dès le début des années 1990, des approches formalisées de l'ingénierie simultanée (concurrent engineering), puis de la gestion de la chaîne logistique. Pour l'immédiat, il semble que la gestion de la relation client soit la partie la plus à la mode, car elle débouche sur des applications logicielles et organisationnelles comme le CRM (Customer Relationship Management), qui est un des nouveaux facteurs de croissance des gros cabinets de conseil en organisation ou des SSII spécialisées.

1.3 Panorama des principaux organismes de recherche classés et commentés

Le panorama ci-après présente quelques-uns des principaux centres et projets de recherche sur des sujets liés aux méta-organisations, classés par zones géographiques, avec des éléments sur leur importance et leurs principaux axes de recherches.

1.3.1 FRANCE

INRIA

L'INRIA mène des recherches sur les entreprises virtuelles en coopération avec le Centre de Recherche en Informatique (CRIM) de Montréal, le laboratoire HP de Palo Alto, deux universités à Sydney (Un. of Western Sydney et Un. of South Wales) et le LORIA. Il s'agit surtout de problèmes informatiques liés à la mise en ¦uvre de la coopération : "caractériser les besoins pour la mise en oeuvre de nouvelles applications distribuées intégrant une forte composante de coopération (entreprise virtuelle, workflow, etc.) et proposer des architectures [informatiques] répondant à ces besoins. Dans le domaine de l'aide à la négociation et à la décision, l'INRIA constate que « l'analyse des usages montre que, parmi les tâches collaboratives asynchrones, les tâches à forte composante décisionnelle (brainstorming, co-conception, revues collectives, confrontation/fusion de points de vues, etc.) jouent un rôle prépondérant. [S] Le but est de produire un environnement générique de support paramétrable pour la description des tâches. »

Laboratoire de Génie Informatique de Savoie (LGIS)

Le Laboratoire de Génie Informatique de Savoie (LGIS) a été créé en juillet 1991. Toutes ses activités de recherche sont regroupées autour d'une approche de l'Ingénierie Simultanée qui met l'accent sur la modélisation des acteurs participant à l'élaboration d'un produit et sur la modélisation des informations nécessaires à cette élaboration, deux modélisations indissociables. L'approche de l'ingénierie simultanée sur laquelle travaille le LGIS est le plus souvent désignée sous le terme d'ingénierie collaborative et coopérative. Cette dénomination a l'avantage d'insister sur l'importance des acteurs intervenant dans une application et des informations nécessaires à leur collaboration effective. Le domaine d'application "Modélisation et Intégration d'Entreprise" s'insère dans la politique de recherche de la Région Rhône-Alpes, en particulier le pôle Productique.

Laboratoire Tech-CICO (TECHnologie de la Coopération pour l'Innovation et le Changement Organisationnel)

L'activité du laboratoire, qui appartient à l'Université de Technologie de Troyes, concerne l'analyse et la modélisation des activités coopératives suscitées par des tâches intellectuelles médiatisées par les TIC. L'objectif est de mieux comprendre le fonctionnement et les conditions de mise en oeuvre d'une cognition collective et distribuée dans les activités humaines. Une des hypothèses de recherche principale du laboratoire est de considérer que les formes de cognition collective des groupes et des organisations engagées dans des projets communs dépendent profondément des technologies de la coopération qui sont mises en oeuvre par ces collectifs. Le programme scientifique du laboratoire cherche à analyser la co-détermination des nouvelles formes d'activité intellectuelle collective et des innovations technologiques. Les recherches en philosophie de la technique de Dominique Bourg. permettent notamment un éclairage philosophique critique et une mise en perspective anthropologique et historique des mutations technico-organisationnelles étudiées. Les premières activités du laboratoire sont organisées selon trois axes :

  • 1) Ingénierie des connaissances et systèmes d'information pour le travail coopératif médiatisé et la gestion des connaissances.
  • 2) Etude et modélisation des processus cognitifs et sociaux dans les activités coopératives médiatisées au sein des organisations : résolution de problème, coordination, communication.
  • 3) Impact des NTIC sur les nouvelles pratiques démocratiques et la macro-économie : rôle dans les débats citoyens et l'économie de l'immatériel.
LORIA (Laboratoire Lorrain de Recherche en Informatique et ses Applications)

Le LORIA est une Unité Mixte de Recherche - UMR 7503 - commune aux organismes suivants: CNRS, Institut National Polytechnique de Lorraine , INRIA, Université Henri Poincaré et Université Nancy 2, créée officiellement le 19 décembre 1997 par la signature du contrat quadriennal avec le Ministère de l'Education Nationale, de la Recherche et de la Technologie, par une convention entre les cinq partenaires. Il succède au Centre de Recherche en Informatique de Nancy (CRIN), et aux équipes communes entre celui-ci et l'Unité de Recherche INRIA de Lorraine. Projet ECOO : Environnements pour la COOpération Son objectif est de développer des modèles informatiques simples permettant de mettre en oeuvre la coopération inhérente à toute entreprise virtuelle. Il faut structurer les données de l'entreprise en intégrant les mémoires des entreprises partenaires, faciliter la communication et la négociation entre ceux-ci, définir, gérer et faire interopérer leurs procédés... Parmi les fonctions à prendre en compte figurent la gestion des données, l'organisation de l'entreprise, la coordination de procédés, la communication, l'interopérabilité et enfin l'interface homme-machine. "La classe d'applications considérée en priorité est celle des entreprises virtuelles à usage intensif de documents. L'étude intègre des dimensions de travail en groupe, d'enchaînement de procédés, d'ingénierie simultanée, d'édition coopérative, de télétravail... présente dans ces entreprises. Elle intéresse de nombreux secteurs d'activités, parmi lesquels l'administration, le BTP, le génie logiciel, la médecine, le télé-enseignement ..."

Ministère français de l'Industrie : les ruptures technologiques dans les systèmes d'information d'entreprise

Le Ministère de l'industrie a créé, dans le cadre du Réseau National des Technologies Logicielles, un groupe de recherche sur les "Ruptures possibles de la technologie dans les systèmes d'information d'entreprise". Il comprend, sous la direction de Rochfeld Consultants, Ilog, CAP Gemini, le laboratoire PRISM de l'Université de Versailles, France Télécom - Cent Lannion, le Groupe OCSD du CNRS / LAAS à Toulouse, l'IMAG de l'Université de Grenoble - IMAG et l'INRIA/Rocquencourt. Le programme examine différents types de ruptures dont trois ( Ruptures de type fonctionnelles - passage à des SI décisionnels, Rupture opérationnelles - passage à des SI d'exécution et Ruptures de type architecturales) concernent uniquement les techniques informatiques.


Les systèmes d'information passent graduellement d'une logique de gestion des données à une logique de gestion des connaissances. Il s'agit de plus en plus de représenter les règles de comportement des entreprises, de les relier à des programmes ou à des opérations exécutoires, évolutives et adaptables aux organisations différentes constitutives d'une même entreprise, d'un même métier. De nombreux travaux universitaires sont menés dans ce domaine. Il en est de même en matière de rupture organisationnelle - Fusion d'entreprises, fusion de SI. Nouveaux modes d'organisation BPR et organisation centrée-client Malgré la dynamique de ce mouvement peu de recherches universitaires sont menées dans ce domaine qu'il sera utile de stimuler. Par contre, les interventions des SSII sont encore limitées. Il s'agit d'un marché émergeant.

La pauvreté des recherches tient à de nécessaires et importantes adaptations méthodologiques.

Ceci devrait se traduire par une évolution fondamentale de l'ensemble de modèles (modèle des besoins, modèle des données et des objets, modèle de la dynamique des objets, modèle de processus, modèle de scénarios, modèle d'architecture) de l'expression des besoins à la mise en place de la solution. A échéance de 4-5 ans, il existe un marché potentiel important en matière de méthodes. Des places sont à prendre. Il existe un bon tissu d'Universités et de SSII ayant conçu des démarches de conception et des outils associés à la mise en oeuvre de ces nouveaux types d'organisations mais il n'est pas suffisamment connu.

1.3.2 PROJETS ESPRIT

CE-NET (Concurrent Engineering Network of Excellence)

Objectif : Établissement d'une infrastructure de soutien à travers l'Europe afin de partager et d'échanger les développements en matière d'ingénierie simultanée. Coordinateur : ESoCE, Société européenne d'ingénierie simultanée (Marc Pallot) Participants : France (3 : ADEPA, École Centrale de Paris, Thomson-CSF), Italie (2), Suède (2), Royaume-Uni (2 entreprises + Un. de Nottingham), Finlande (4 entreprises + Un. de technologie de Tampere), Allemagne (DASA, Un. de Brème), Grèce (1), Danemark (1 + Un. technique du Danemark), Norvège (1), Pays-Bas (1 + Un. de Twente) Durée : 18 mois à partir d'octobre 1997

CE-NET II (Concurrent Engineering NETwork of Excellence)

Réseau européen d'organisations s'occupant d'ingénierie simultanée, d'entreprise virtuelle et de commerce électronique. Financé par la Commission européenne dans le cadre du programme ESPRIT de la DG III. Son correspondant en France est le Laboratoire Productique et Logistique, Ecole Centrale de Paris, 92295 Châtenay Malabry, (tél. 0141131388).

DECODE (Distributed Concurrent Design of Industrial Automation Systems)

Objectif : Intégration de méthodes fonctionnelles de design et d'outils de travail coopératif pour que des équipes virtuelles améliorent l'efficacité de leurs développements. Coordinateur: Cegelec Projects Ltd (Royaume-Uni) Participants : Danemark (1 entreprise industrielle), Italie (1 développeur des outils logiciels), Allemagne (Université de Technologie d'Aix-la-Chapelle en charge de la méthodologie) Durée : 30 mois à partir de décembre 1997

EPICE (Electronic Commerce for Programme Management Information Sharing in the Concurrent Enterprise )

Objectif : Réalisation d'un système distribué d'informations de gestion (DPMI) entre les partenaires commerciaux d'une entreprise virtuelle simultanée. Coordinateur : ESoCE, Société européenne d'ingénierie simultanée (Marc Pallot) Participants: France (3 : Euritis, MPC, Thomson-CSF TTM), Suède (1), Allemagne (1 : DASA), Pays-Bas (2), Slovénie (1) Durée : 24 mois

GLOBMAN21 (Global Manufacturing in the 21st Century)

Objectif : Développement du cadre général d'une fabrication industrielle en réseau mondial pour le 21ème siècle. Mise au point de modèles économiques collaboratifs pour des entreprises étendues. Mise en place et démonstration de modèles et de méthodologies de mise en place dans 14 sites pilotes industriels. Le projet fait partie du programme international IMS (Intelligent Manufacturing System). Coordinateur : BICC Cables Ltd, Helsby Technology Centre (Royaume-Uni) Participants: entre 35 et 50, principalement des entreprises industrielles, soutenues par des instituts de recherche Durée : 24 mois à partir de décembre 1997

GNOSIS-VF (The Virtual Factory)

Objectif : Dans le cadre du projet international IMS, optimisation de l'utilisation des ressources de fabrication industrielles par l'utilisation de plusieurs usines qui se répartissent le processus d'ingénierie et d'exécution. Spécification des exigences fonctionnelles et organisationnelles d'une usine virtuelle, outils de conception et de développement d'un prototype, démonstrations pilotes, évaluation des bénéfices grâce à des tests en grandeur réelle. Coordinateur : ILOG (France) Participants : Finlande (3 : ABB, TDM et VTT), France (2 : Adepa, EMA), Allemagne (FhG-IAF) Durée : 30 mois à partir d'octobre 1998

PLENT (Planning Small Medium Enterprise Networks)

Objectif : Développement d'outils logiciels innovants pour faciliter la coordination au sein d'un réseau de PMI. Il s'agit essentiellement de définir une politique de planification basée sur des règles bien définies, lisibles et applicables. Coordinateur : Democenter (Italie), organisation sans but lucratif d'Emilie-Romagne qui regroupe nombre de PMI et d'administrations locales. Participants : Italie (5 PMI), Espagne (3 PMI), Grèce (2 PMI), Hongrie (1 PMI) Durée : 30 mois à partir de janvier 1996

RAVEN (Rapid Access to Technological Knowledge in a Virtual Enterprise)

Objectif : Amélioration de l'usage des TI pour l'échange de savoir-faire et d'expériences dans le domaine des moules métalliques. Coordinateur : FAKS GmbH (Allemagne) Participants : Allemagne (3 PMI), Espagne (2 PMI) Durée : 18 mois à partir de janvier 1997

SUMMIT (Supply-chain Management in Construction Industry)

Objectif : Développement (création, mise en place, test et évaluation) d'une infrastructure de communication basée sur l'EDI entre divers partenaires du BTP en utilisant le potentiel de STEP et EDIFACT. Coordinateur : ExNorm Haus (Allemagne) Durée : 24 mois à partir de novembre 1997

VIRTUALQ (IT Tools for the Manufacturing Supply-chain Integration in the Virtual Organization)

Objectif : Démonstration des opportunités offertes par l'intégration de la chaîne logistique de 5 PMI basques. Coordinateur : CARSA (Espagne) Participants : Espagne (4 PMI, Agence régionale de développement du Pays basque), National Engineering Laboratory of Scotland (identification des meilleures pratiques) Durée : 18 mois à partir de janvier 1997

VIVE (Vertical Virtual Enterprise)

Objectif : Aide à la création d'entreprises virtuelles composées de PME par la fourniture des méthodologies et technologies nécessaires, entre autres la mise en place d'un intégrateur (business integrator). Coordinateur : CE Consulting (Italie) Participants : Italie (6), France (4 : Comité Richelieu, HEC, RBC, Soditech), Grèce (1) Durée : 26 mois à partir de janvier 1998

1.3.3 SUISSE

École Polytechnique Fédérale de Lausanne (EPFL)

L'EPFL s'est penchée sur le concept d'entreprise virtuelle présentée, par Denis Ettighoffer en 1994 à Polytechnique, dans le secteur de la construction, en définissant l'entreprise virtuelle (EV) comme "une forme d'organisation des intervenants au projet de construction par laquelle les petites et moyennes entreprises offrent au maître de l'ouvrage les avantages de l'organisation intégrée sans devoir renoncer à leur autonomie". À la différence du consortium, la collaboration n'est pas limitée à un seul projet, mais elle est faite pour durer. Cela permet aux partenaires :

  • de créer une structure qui va servir d'interlocuteur et de partie contractuelle unique pour le maître de l'ouvrage
  • d'investir dans le développement d'une image commune et de doter sa raison sociale d'une bonne réputation
  • de rechercher des synergies
  • d'offrir la garantie de réaliser le mandat avec la meilleure qualité pour le coût et dans le délai prévus
  • de développer ensemble des solutions optimales

C'est dans les interfaces entre maître d'ouvrage, entrepreneurs, fournisseurs et autorités que se trouvent de nouveaux gisements de productivité et d'efficacité. L'initiative Effi-Bât a lancé 12 projets pilotes au début de 1997 dans le but de tester de nouvelles formes de collaboration entre les multiples acteurs et corps de métier, d'élaborer des outils permettant d'améliorer les compétences des maîtres d'ouvrage et d'analyser différentes facettes des conditions-cadre actuelles. Site : Portail Entreprises de École Polytechnique Fédérale de Lausanne

1.3.4 QUÉBEC

CIRANO

Centre interuniversitaire de recherche en analyse des organisations (CIRANO), destiné à accroître l'efficacité et la compétitivité des entreprises québécoises. Il comprend des établissements universitaires : École des Hautes Études Commerciales, École Polytechnique, Université Concordia, Université de Montréal, Université du Québec à Montréal, Université Laval, Université McGill, des entreprises : Alcan Inc., AXA Canada, Banque du Canada, Banque Laurentienne du Canada, Banque Nationale du Canada, Banque Royale du Canada, Bell Canada, Bombardier, Bourse de Montréal, Développement des ressources humaines Canada, Fédération des caisses populaires Desjardins de Montréal et de l'Ouest-du-Québec, Hydro-Québec, Pratt & Whitney Canada Inc., Raymond Chabot Grant Thornton et des institutions comme Industrie Canada et la Ville de Montréal. Les programmes de recherche sont décomposés en 4 volets :

  • 1) ressources humaines
  • 2) finance
  • 3) commerce électronique qui comprend notamment les négociations interentreprise, les flux interentreprises et gestion d'entreprise, la gestion de canaux de distribution et le courtage en ligne et la personnalisation pour le commerce électronique.
  • 4) design organisationnel et incitations, en particulier le partage des coûts communs, la mesure de la performance dans la nouvelle économie, la gestion déléguée des infrastructures et le partenariat public-privé.
Laboratoire d'entreprise virtuelle de l'École polytechnique de Montréal

Le programme de recherche du Laboratoire d'entreprise virtuelle s'articule autour des trois axes suivants :

  • 1) Validation du modèle de transition de l'entreprise traditionnelle à l'entreprise virtuelle. Une étude de préfaisabilité menée en 1996 et 1997 auprès de cinq PME (dont une entreprise américaine totalement virtuelle) a réduit les risques technologiques. Il en est résulté que le système ERP (Enterprise Resource Planning) de SAP (qui finance une partie substantielle des recherches) est une plate-forme technologique privilégiée. Mais actuellement, la complexité et le coût d'un ERP sont hors de portée des PME. pour lesquelles la meilleure solution serait le PDM (Product Data Management) afin d'intégrer les données reliées à la gestion de la production, la gestion de projets et à l'ingénierie
  • 2) Mise en place de plates-formes technologiques intelligentes permettant les interconnexions électroniques entre les divers éléments d'une entreprise virtuelle. Plus spécifiquement, les objectifs seraient d'intégrer les outils spécialisés commercialement disponibles (PDM, ERP, S) afin d'assurer la fiabilité des échanges pour l'entreprise virtuelle, d'axer les applications (modules du ERP) vers les besoins en ingénierie et en fabrication, de développer des approches différentes de gestion de données électroniques pour les PME (par ex. divers modules de PDM) et de développer des interfaces entre différents progiciels.
  • 3) Analyse détaillée de faisabilité technologique, économique et organisationnelle. L'analyse de préfaisabilité auprès de cinq entreprises a permis d'identifier les meilleurs outils disponibles. Mais elle n'a pas permis d'établir avec précision les pré-requis technologiques, économiques et organisationnels. Car, dans sa forme la plus complexe, l'entreprise virtuelle force les divers intervenants, en particulier les fournisseurs, les sous-traitants et les donneurs d'ordres, à revoir et à modifier en profondeur leurs modes de gestion intra et inter-entreprises (faisabilité organisationnelle).

1.3.5 ETATS-UNIS

Approche de l'ingénierie simultanée

Une approche de l'ingénierie simultanée centrée sur le comportement des acteurs fait l'objet de nombreuses recherches en Amérique du Nord dont les premiers résultats sont actuellement disponibles. Ces travaux sont en particulier développés à l'Université de Toronto à l'Université de Stanford à Palo Alto (Lockheed Research Laboratories Enterprise Integration Technologies HP Research Lab.) à l'Université d'Edimbourgh. Ils reposent sur des projets tels que SHADE (SHAred Dependency Engineering) PACT (Palo Alto Collaborative Testbed) ABSE (Agent-Based System Engineering) KIF (Knowledge Interchange Format) ONTOLINGUA (ontologies) KQML (Knowledge Query Manipulation Language) TOVE (TOronto Virtual Enterprise).

College of Engineering, Oregon State University, Corvallis OR

Une page de ce site (propose un assez long questionnaire pour évaluer un projet d'ingénierie simultanée. Il comprend 5 phases :

  • 1) organisation : équipe d'intégration, pouvoirs (empowerment), formation et éducation
  • 2) communication : données sur les produits/données sur les processus
  • 3) exigences du développement : définition, méthodologie de planification, normes
  • 4) développement du produit : processus de développement, développement du concept, optimisation du produit, outils d'évaluation, bibliothèques de données
  • 5) développement du processus de fabrication : évaluation économique, conception du développement, sélection des matériaux, outils et équipements.
JIVE (Joint Initiative for Virtual Enterprise )

Programme de recherches réunissant l'Annenberg School of Communication à l'Un. of Southern California et les départements de communication verbale et de psychologie de l'Un. de l'Illinois à Urbana-Champaign. Il existe peu de recherches sur le travail dans les communautés virtuelles, forme d'organisation de plus en plus importante.

Extraits de la présentation : « La plus grande partie de l'attention qui entoure les communautés de travail virtuel est consacrée à la technologie. [S] Rares sont les recherches qui lient la critique sociale et l'étude des composants techniques à un modèle plus large de l'interface entre les TI et le mode collaboratif. [S] Ce manque de recherche vient du fait que ces communautés [de travail virtuel] représentent un changement fondamental par rapport aux formes précédentes d'organisation. Peu de principes de base du fonctionnement de ces communautés sont connus. Le projet cherche à examiner en quoi le travail collaboratif en communauté virtuelle diffère du travail traditionnel et quelles sont les implications sur les produits et les individus. »

Autour de ce projet une communauté de recherches a été organisée : CRADA (Cooperative R&D Agreement) à laquelle participent le Construction Engineering Research Laboratory de l'US Army Corps of Engineers, Bentley, IdeaGraphix, Building Systems Design, Inc. et JMGR.

Sandia

Le Sandia National Laboratory (Nouveau-Mexique) a mis en place un projet d'intégration de la chaîne logistique dans le secteur textile. Dans ce but a été développé un outil logiciel afin d'effectuer l'analyse de l'offre et de la demande et d'évaluer l'impact de diverses décisions prises par les acteurs de la chaîne logistique.

1.3.6 PROJETS DE RECHERCHES INTERNATIONAUX

ICEIMT (International Conference on Enterprise Integration Modeling Technology)

Au départ ce fut une étude organisée en 1991-1992 par des agences américaines et européennes. Après 4 ateliers et une conférence le forum de discussion continue. (site de la conférence et de ses actes, forum : http://tools.org/). Les discussions portent principalement sur des questions informatiques ou des questions méthodologiques de modélisation d'entreprises.

Supply Chain Operations Reference Model

Il s'agit d'un cadre de référence multi-industries commun pour les fabricants, les fournisseurs, les grossistes et les détaillants : langage commun pour la communication entre tous ces partenaires, définition de processus communs, évaluation de différents procédés et recherche des meilleures pratiques. En 1996, le Supply Chain Council comportait 69 membres dont des poids lourds de l'industrie comme Dow Chemical, Compaq et Procter & Gamble. Il était supervisé par deux cabinets de conseil en management de Boston : Advanced Manufacturing Research (AMR) et PRTM (initiales des associés fondateurs).

SOCE (Society of Concurrent Engineering)

Organisation créée en 1992 pour le développement et la promotion de l'ingénierie simultanée et du développement intégré des produits dans les entreprises et les organisations du monde entier. Elle possède des chapitres à Boston, San Diego, Silicon Valley et au Québec. et organise une conférence tous les ans.

TEMPLET (Total Environment for Managing Product Life-cycle information and the Enterprise's people, processes and Technoloy)

Programme de développement international basé au Canada pour faire avancer la mise en place d'entreprises virtuelles utilisant CALS. Il met au point une approche destinée à aider les entreprises à travailler électroniquement avec des partenaires, des fournisseurs, des sous-traitants et des clients dans un environnement hétérogène extrêmement distribué. Les organisations participatrices doivent apprendre à forger de nouvelles alliances et construire des produits de qualité grâce à des usines virtuelles.

Les participants comprenaient en 1998 3 instituts  : Institute for Information Industry (Taiwan), Rhode Island Economic Development Corporation (USA), VE Centre Nippon (Japon) ; 13 entreprises : Bombardier (Canada), CRIM (Canada), DND (Canada), DoD (USA), EDS Canada, FAXinating Solutions (Canada), General Motors Diesel Division (Canada), Indal Technologies (Canada), Lockheed Martin (USA), Logis Tech (USA), Lotus Development Canada, National Archives (Canada), SMS (Royaume-Uni) ; 6 universités : Californie/Berkeley (USA), Carleton University (Canada), Denver (USA), Muenster (Allemagne), Queens University (Canada), St. Gall (Suisse)

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