La Lettre d'Eurotechnopolis Institut Nº 33


Avec l’intensification de la concurrence, les dépenses en R&D nécessaires pour maintenir un bon niveau technologique, pour financer un haut niveau de formation, pour préserver l’innovation vont augmenter de façon dramatique. Au point que nombre d’entreprises, comme déjà nombre de pays, ne vont plus pouvoir financer leurs recherches, ni ses applications. La croissance et l’accumulation considérable des investissements immatériels rend plus crucial que jamais la question de leur rentabilité dans les entreprises. Les dépenses envisagées constituent une valeur finie indépendantes de la production d’idées. Les « chercheurs » peuvent être de lamentables « trouveurs ». D’où l’importance récente d’utiliser des personnalités capables mieux que d’autres de sentir les innovations latentes, les bruits faibles d’un marché ou d’une évolution des modes d’actions commerciale. Aussi, afin que les idées ne disparaissent parce que dépassées, l’entreprise doit renouveler constamment son stock d’idées en multipliant les sources d’inspiration, les contacts avec une multiplicité de réseaux directement ou indirectement proche de son écosystème. Il s’agit, pour tirer un bénéfice, de multiplier les occasions d’acquérir des savoirs économiquement, d’utiliser les rendements croissants d’échelles offerts par les réseaux électroniques associés à des centres de ressources de compétences. Les universités et les sociétés de conseils internationales, par exemple, deviennent sont des viviers utiles pour les entreprises.

L’intensité des savoirs disponibles devient déterminante lorsqu’il s’agit d’agir sur les processus qui améliorent la création de valeur ajoutée conjuguée, c’est à dire de la production d’idées à plusieurs. On le sait, les innovations ne sont plus le fait de quelques grosses têtes mais plutôt le fait d’un travail de groupe mobilisé sur un thème de progrès, qui travaillent en affinités. Ce collectif intelligent, cette communauté professionnelle s’élargi aux partenaires co-traitants et aux clients, aujourd’hui incarné dans les réseaux. Elle est désormais à l’origine de la plupart des sources économiques des progrès techniques ou organisationnels (1). Ce collectif constitue un capital immatériel, relationnel, un investissement, qui peut-être périssable si un autre collectif sort une invention ou une innovation supérieure.

Le premier résultat de nos recherches bibliographique est que les français sont plutôt absents des études et des recherches sur les entreprises virtuelles (mais cela nous le savions déjà). Mais surtout cette recherche bibliographique mondiale nous laisse le sentiment que les entreprises installées sur le marché du « groupware » auraient tout intérêt à s’intéresser plus aux écoles et universités qui sont en train de se spécialiser sur ce sujet et que les sociétés de conseil devraient faire de même car elles y trouveront matière à développement par la mise à jour des grandes méthodes d’approches des organisations modernes.

Denis Ettighoffer


(1) Dans les entreprises, la plupart des innovations sont issues des demandes clients et des suggestions du personnel. On peut imaginer sans mal qu’en élargissant le nombre des intervenants sans coûts supplémentaire le rendement des idées et des suggestions sera bien supérieur !