Idées Fortes


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0L'EVOLUTION DES ORGANISATIONS0
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PRÉAMBULE : L'ENTREPRISE ET LE TRAVAIL AU SIÈCLE DES RÉSEAUX
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Les NTIC (Nouvelles Techniques de la Communication et de l'Information) quittent les lieux spécialisés pour se propager dans l'ensemble de la société. Les progrès techniques s'accélèrent, les marchés se démassifient et les experts du marketing évoquent volontiers le concept de "niche" plutôt que celui de "créneau" pour en signifier la fragmentation sur des territoires désormais mondiaux. La productivité remonte en amont de la production de masse, cette industrie de la deuxième vague. La conception avec beaucoup de valeur ajoutée incorporée permet de multiplier les produits innovants à partir de procédés de fabrication similaires.

On gagne des marchés par la capacité à innover et à diversifier rapidement ses fabrications. Oui, mais à condition d'y arriver au moindre coût en investissant dans les NTIC (Nouvelles Techniques de L'Information et de La Communication) car elles seules facilitent les échanges entre plusieurs entreprises, entre plusieurs partenaires. A condition également d'investir sur les hommes, de les former, de les impliquer, de leur faire confiance, de les faire travailler ensemble et à distance toujours grâce aux NTIC, sans lesquelles tout ceci sera impossible ou hors de prix.

Car l'industrie de la "troisième vague", chère à Alvin Tofler, n'aurait pu se développer et se gérer sans les télécommunications et les ordinateurs. Les NTIC donnent aujourd'hui à l'homme la capacité et la puissance de travail indispensables pour gérer le temps au plus juste, maîtriser la complexité, l'infiniment petit ou l'infiniment grand. Pour manipuler enfin, à moindre coût, le matériau essentiel de la troisième vague, la virtualité, les signes symbolisant et simulant le réel.

Dans l'immédiat, les mutations en cours entraînent celle du modèle néo-taylorien, alors qu'un certain type de croissance économique correspondant à un stade d'évolution de nos sociétés, semble avoir atteint son apogée et ses limites en cette fin de siècle. Ca et là, la communauté des idées, qui finit à peine de compter KO le modèle communiste, bruisse d'hypothèses nouvelles sur le capitalisme, sur la gestion des ressources mondiales. L'évolution considérable, depuis plus de dix ans, de la part consacrée aux investissements immatériels par exemple, perturbe les idées que l'on se faisait de la rentabilité du capital, de la productivité. D'une logique d'économie de production fondée sur l'accumulation de capital matériel propre à la deuxième vague, nous passons à une logique économique de la co-production fondée sur l'accumulation collective de matière grise, de capital immatériel, spécifique cette fois de la troisième vague.*

Un chambardement considérable des habitudes de pensée et d'action accompagne l'installation progressive du Tertius Ordo, d'un troisième ordre de la régulation des ensembles complexes. Les NTIC seront les instruments qui ordonnent, structurent et modélisent la Troisième vague. Lorsqu'ils ont atteint une vitesse supersonique des forces aérodynamiques nouvelles se sont exercées sur les avions. Il a fallu adapter les commandes de pilotage et les voitures. A l'identique, l'Entreprise Virtuelle doit adapter ses indicateurs de productivité, l'organisation de ses ressources aux singularités de son fonctionnement.

Mais le plus impressionnant des impacts du Troisième Ordre se constate dans le rôle croissant que jouent les réseaux pour rentabiliser les investissements immatériels. Cette rentabilité justifie l'accélération de la diffusion des NTIC dans les sociétés, elle est si forte qu'y résister est suicidaire. En même temps, elle bouleverse la structure capitalistique traditionnelle, puis les idées que l'on se faisait sur la productivité du tertiaire et l'emploi des ressources humaines. Le travail et les entreprises sont en train de se transformer en modifiant par contre coup les structures du tissu économique et la redistribution des emplois.

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L'ENTREPRISE VIRTUELLE ET LES NOUVEAUX MODES D'ORGANISATION
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Trois mutations sont en cours :
  1. Le travail se transforme et se dématérialise alors que le signe domine la matière et simule le réel qui est devenu une sorte de co-production collective qui élabore souvent des produits "systémiques".
  2. Les organisations de l'entreprise se transforment pour la pression d'un nouveau système de création et d'accumulation de richesses. L'entreprise devient virtuelle en s'installant dans les réseaux.
  3. Les conséquences sur la distribution des emplois de services sont majeures. Le tissu économique se modifie, ainsi que l'organisation de l'emploi des Ressources Humaines. Nos Organisations passent d'une logique de distribution du travail à une logique de réseaux, de partages de compétences.

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L'Entreprise Virtuelle : mettre de l'imagination et de la valeur ajoutée dans l'organisation de l'entreprise, en s'appuyant sur les NTIC - une démarche d'efficacité globale visant à transformer l'entreprise actuelle en entreprise du XXIème siècle.

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1. L'entreprise et le travail s'installent dans les Réseaux.

Remettre en cause les raisonnements Néo-Tayloriens :
  • Le Néo-Taylorisme : logique réseau dédiée à la rétraction des coûts - la productivité se gagne à plusieurs partenaires.
  • L'informatique dite stratégique : les NTIC sont des instruments de domination et l'on cherche à captiver clients et sous-traitants.
  • L'Entreprise Virtuelle : logique réseau de valeur ajoutée dédié aux échanges des savoirs entre partenaires dans le cadre d'une stratégie "gagnant/gagnant".

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Pour l'Entreprise Virtuelle, l'enjeu est moins d'informatiser la société que de faciliter et favoriser l'échange des connaissances.

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2. Une question lancinante : comment diminuer le coût des services ?

Les réseaux permettent aux entreprises d'organiser différemment l'emploi de leurs "ressources", de créer de nouvelles formes de création de richesses, notamment en faisant appel au "re-engeneering".

  • Transformation du travail :
    Le travail dématérialisé est devenu une co-production collective qui fait désormais intervenir de nombreux partenaires, parfois éloignés ou extérieurs à l'entreprise. Le travail et la valeur ajoutée s'affranchissent du temps et de l'espace en despécialisant les lieux de travail. Branchés, les cols bancs "nomades électroniques", doivent apprendre à travailler ensemble, à distance et en réseau. De "tribale" l'entreprise devient "diaspora". Cette dernière doit se constituer une "sono d'entreprise" en propre, se doter d'une culture réseau. Grâce au travail à distance, en mode coopératif, les télétravailleurs brisent le mythe de l'indépendance nationale.
  • Le coût de l'emploi dans les services, facteur clé de l'externalisation :
    La poussée de matière grise modifie la composition des populations actives et les coûts de l'emploi dans les entreprises. Les entreprises diminuent les coûts fixes au bénéfice des coûts variables en favorisant l'externalisation des ressources non stratégiques. La recherche de productivité favorise le redéploiement des emplois de proximité, la démassification du tertiaire et la déconcentration des ressources. Les réseaux sont devenus le nouveau centre de gravité du travail, des profits, de la valeur ajoutée et de l'organisation des structures de l'entreprise.
  • Une transformation structurelle est en cours qui redistribue les emplois dans les services :
    L'externalisation des services favorise le développement d'un type de travailleurs indépendants : les partenaires "co-traitants". L'externalisation contribue aussi au fort développement de micro-structures (type TPE) favorisant le "home business" ou travail à domicile et l'utilisation des Centres d'Affaires. Avec la percée des besoins de services de matière grise dans les tissus économiques modernes, nous ne nous dirigeons pas vers le partage du travail mais plutôt vers le partage des compétences. Ces nouvelles structures d'emploi de ressources humaines et de compétences font concurrence au travail salarié. Au lieu de gérer uniquement des emplois, les entreprises devront gérer les compétences de leur personnel mais aussi celles de partenaires qui pourront être très éloignés les uns des autres.

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Les NTIC permettent aux entreprises d'organiser différemment leurs ressources grâce aux trois "dons" de l'entreprise virtuelle :
  1. L'ubiquité ou l'homme multiplié : être virtuellement et simultanément en des lieux multiples. Les économies d 'echelles sont dans les réseaux qui font baisser le coût de la main d'oeuvre et des frais généraux.
  2. L'omniprésence ou l'entreprise qui ne dort jamais : découpler le temps de travail de l'ouverture des services et faire travailler le capital 24 heures sur 24.
  3. L'omniscience ou les réseaux d 'échanges des savoirs-faire : utiliser les NTIC pour économiser et amortir les investissements immatériels et matériels.

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Alors que le "choc du futur" atteint le tertiaire, caractérisé par une symbiose croissante avec les NTIC, une véritable mutation des entreprises et des organisations est en cours.
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INSTALLER L'ENTREPRISE DANS LES RÉSEAUX : L'ENTREPRISE VIRTUELLE
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Un sur-investissement technologique a souvent masqué un important déficit organisationnel. Il faudra :
  • Obtenir un modèle d'organisation flexible et réactive.
  • Diminuer le coût de transformation des organisations.
  • Améliorer la rentabilité des investissements matériels et immatériels.

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Afin de gagner en efficacité et en productivité, l'Entreprise Virtuelle au XXIe siècle deviendra "Holomorphe" : chacune des parties représentera le tout.
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CONCLUSIONS
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Quelles sont les conséquences de l'avènement de l'Entreprise Virtuelle sur l'utilisation des Ressources Humaines, sachant que :
  • dans une société qui tire la majeure partie de son PIB de son économie de services nous n'avons pas encore correctement perçu l'impact des NTIC sur la distribution du travail et les modes d'emplois des Ressources Humaines,
  • le monde du travail est sur la défensive,
  • toute la difficulté du "marché de l'emploi" est justement que ni l'Etat, ni les partenaires sociaux ne veulent le traiter comme un marché.
  • ... nous devons préserver les atouts de la valeur ajoutée en la rendant accessible à des entreprises qui n'en disposeraient pas, faute de pouvoir les supporter sur leurs frais fixes ?

Etendue, éclatée, en réseau, ou ...virtuelle, l'entreprise du XXIème siècle ne sera pas celle des années 60. La complexité des besoins et des échanges sur un marché ne peut être résolue qu'en favorisant la mobilité professionnelle et le partage des compétences.

Le marché du travail va devenir un "vrai marché", régulé par des réseaux "corporates" de reclassement et d'échanges permanents de compétences.

Les concurrents aux travailleurs salariés vont obliger tous les partenaires sociaux à plus d'inventivité dans les modes de travail, d'où le développement de la polyactivité et des emplois hybrides avec l'invention d'un nouveau cadre de travail.

C'est la fin de la relation ouvriéiste au "temps contraint de travail" pour de nombreux travailleurs. Le télétravail et la téléformation virtuelle en groupe vont se développer.

Le marché du travail et de l'emploi va passer aux mains des filières professionnelles : on passe d'une logique de bassins d'emplois à une logique de réseaux de compétences. Les Entreprises vont devoir elles-mêmes favoriser la mise en place de réseaux d'échanges et de partage des compétences, afin de gagner en flexibilité.

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Denis Ettighoffer

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