"L'investigation la plus dérangeante de ces dernières années sur les changements de mode de vie des Français."
par Denis Ettighoffer et Gérard Blanc, éditions Eyrolles, 2003
Tout, tout de suite...
Une frénésie paranoïaque serait-elle en train de nous emplir ? Qu'est-ce qui nous pousse si souvent à abandonner la moindre règle de savoir-vivre ensemble ? Pourquoi aujourd'hui dire « Plus tard », « Pouvez-vous attendre une minute s'il vous plaît ? » peut-il être considéré comme intolérable ?
Cette course après le temps nous questionne. Un temps surencombré de tâches mineures ou importantes qui sont autant d'occasions de zapper de l'une à l'autre, émiettant nos journées de travail, déréglant nos temps personnels.
Du mal travailler au mal vivre, il n'y a qu'un pas... Temps de travail, de repos ou temps personnel, nos rythmes de vie s'emballent... Afin de nous soigner, voici pour commencer un diagnostic puis des suggestions pour faire autrement.
« Globalement, le temps que nous consacrons au travail n'a jamais été aussi court et, paradoxalement, notre société des loisirs n'a jamais autant manqué de temps... »
Depuis le milieu des années 1990, les français vivent une dérégulation forcée des rythmes de travail imposée par les nouveaux modes de travail permis par les technologies de l'information et de la communication. « Du mal travailler au mal vivre » poursuit le travail de réflexion sur les nouvelles régulations des temps modernes entamé avec « Le Syndrome de Chronos », sorti au moment où commençait le débat sur les 35 heures. Primé "Livre d'entreprise de l'année 1998" par le Rotary Club, ce livre aura participé à la levée du tabou français sur le stress avec quelques autres ouvrages sortis dans la foulée. Il a révélé qu'il existe une sorte d'écologie d'un temps humain, qu'il nous faut respecter, dans l'intérêt de tous, y compris celui de l'Entreprise.
Aujourd'hui, avec « Du mal travailler au mal vivre », et à la lumière de la mise en oeuvre des 35 heures, les auteurs montrent combien la réduction du temps de travail telle qu'elle a été envisagée dans la loi Aubry était une réponse à un modèle social et économique dépassé. Elle n'est pas en phase avec la rénovation de la vie active qui se profile. Alors que le travail devient plus immatériel et que la frontière entre travail et non-travail devient plus poreuse, fallait-il imposer les mêmes règles à toutes les entreprises, tous les individus, sans tenir compte de leurs activités et du contexte économique dans lequel elles s'exercent ? Aurons-nous droit à reprendre le contrôle de notre vie en même temps que se personnaliseront les cursus de chacun ? Pourrons-nous malgré tout rétablir les grands équilibres économiques qui conditionnent notre qualité de vie, active ou non ? Pourrons-nous enfin, empêcher cette horreur économique que nous préparons à nos jeunes générations sous prétexte de voir leurs aînés sortir plus vite de la vie active ?
Denis Ettighoffer, et Gérard Blanc, co-auteur du livre, respectivement Président et Directeur d'Eurotechnopolis Institut présentent les symptômes d'une société dont les temps individuels et collectifs sont profondément perturbés sous la pression des nouveaux temps modernes. Plaidant pour une véritable révolution de l'ingénierie sociale et économique, ils font le point sur les problèmes les plus souvent rencontrés dans l'entreprise et utilisent les analyses réalisées après la sortie de leur premier ouvrage pour revenir sur les pistes offertes aux dirigeants et aux pouvoirs publics enfin d'en limiter les effets négatifs.