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Denis Ettighoffer : " Les gens qui travaillent seront payés sur leurs idées "

La Tribune - édition du 18/04/07

Denis Ettighoffer est président d'Eurotechnopolis, auteur de "Netbrain, les batailles des nations savante"

www.ettighoffer.com

Comment voyez- vous le monde du travail en 2010- 2020 ?
On a déjà les indices de ce que sera demain. Nous sommes de plus en plus des utilisateurs de réseaux interactifs. Il y aura en 2020 plus de 1 milliard de personnes sur le Web. On travaillera de plus en plus sur les outils de simulation et la réalité virtuelle. L'utilisation intense des échanges sur les réseaux va transformer notre relation au travail. Dans l'économie de demain, l'accès à la connaissance à la demande sera déterminant. Le réseau devient un vecteur chaud. En témoigne le succès des sites de rencontres et des réseaux sociaux. Nous sommes dans la quête du sens et dans l'échange.

Quelles conséquences cela aura-t-il ?
Avec Internet, nous sommes dans le monde de l'autonomie, de la proactivité. Le travailleur moderne ne raisonne plus en termes d'heures. Cela est impossible, car se mêlent les temps sociaux et les temps professionnels. La sphère privée et la sphère publique s'imbriquent. Dans le travailleur, on trouvera de plus en plus l'artiste, l'artisan, capable de polyactivité. Il peut faire plusieurs choses à la fois. Il aura plusieurs sources de revenus. Les gens seront payés en fonction de leur engagement. Cela contribuera à la motivation. L'imaginaire va devenir la puissance de feu de l'économie. Il faut donc apprendre à regarder devant soi et accepter de rêver.

Les salariés seront-ils différents ?
Nous allons vers une organisation du travail basée sur les idées. Nous ne pouvons plus pratiquer les tarifs chinois ou indiens, ce qu'il nous reste est de nous battre sur les idées. Nous ne pourrons plus payer les collaborateurs sur la base du temps passé à travailler, mais sur l'apport d'idée, sur les innovations personnelles. Il faudra en tenir compte dans les contrats de travail. Cette société patchwork consacrera l'atomisation du monde du travail et la personnalisation. Elle engendrera des formes de salaires libéraux où, à l'instar de ce qui se passe avec la vente pour les commerciaux, les rémunérations récompenseront l'apport en créativité. Des campagnes d'idées deviendront choses courantes pour mieux détecter les innovations cachées qui ne sont pas mises à profit. Mais les idées dérangent les conformismes. Ce qui bloque aujourd'hui cette dynamique d'avenir, ce sont les pouvoirs installés de gens qui ne se sentent pas menacés. Cela se traduit par la paresse d'esprit et le refus de l'expérimentation.

PROPOS RECUEILLIS PAR Y. DE K.


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